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Chapitre 4
22 juin, 2013 @ 8:36 littérature

La nuit commençait aussi à tomber sur Morteville. Dans son fauteuil, Noémie, le chat sur les genoux, regardait les dernières lueurs du jour par la fenêtre. Les montagnes devenaient de grands spectres sombres qui entouraient le village et semblaient protéger les habitants. Semblaient seulement car la réalité était toute autre. Quelques flocons virevoltaient dans le vent du soir, qui devait être glacé. En y pensant, Noémie frissonna et regarda le poêle. Elle voulu se lever mais le chat s’agrippa et elle sentit les griffes se refermer sur ses cuisses. Elle le souleva doucement et le remit à sa place une fois levée.

Devant la fenêtre, Noémie se demandait ce qu’il se passait dehors. Sous ce calme apparent, où la neige recouvrait toujours le sol. Elle essuya le carreau avec sa manche et s’approcha pour bien y voir. Tout était silencieux. Pas âme qui vive. Elle percevait le bêlement des moutons au loin, provenant de la bergerie. C’était effrayant. On aurait dit des cris d’enfants ou des pleurs de bébés. Elle ouvrit le fenêtre et se pencha pour fermer les volets mais quand elle essaya d’en attraper un, elle sentit comme une main glacée lui toucher la sienne. Elle la retira aussitôt en poussant un cri.

« Pardonnez-moi madame, je ne voulait pas vous effrayer. »

L’homme se tenait devant elle. Elle faillit l’insulter pour lui avoir fait peur mais se retint. Elle reconnu le berger qu’elle avait déjà croisé le jour de son arrivée. Et puis elle se dit qu’une démonstration d’hostilité de sa part n’arrangerait rien. Elle ne voulait se mettre personne à dos. Elle avait déjà trouvé un cadavre, elle ne voulait pas en rajouter. Elle avait peur qu’on l’accuse de porter la poisse.

« Eh bien, ce n’est pas réussit !

- Je sais qu’il est tard mais je passais par là et j’ai entendu la fenêtre s’ouvrir alors je me suis dis : pourquoi ne pas aller prendre des nouvelles, après ce qui s’est passé ce matin ! Apparemment, ce n’était pas une bonne idée… »

Elle vit qu’il avait l’air frigorifié alors elle se dit qu’il n’était pas trop tard pour lui offrir quelque chose à boire. Il entra volontiers. Il regarda autour de lui.

« C’est une belle maison que vous avez là ! Familiale ?

- Pas du tout. Je l’ai louée… par une connaissance. « 

Elle ne savait pas quoi inventer. C’était quand même pas trop loin de la vérité.

« On ne vient pas ici par hasard… Je veux dire, vous avez du remarquer qu’il n’était pas facile d’arriver jusqu’ici… Il faut savoir où l’on va. »

Il se dirigea vers le salon où sur le fauteuil, le chat dormait toujours. Il leva la tête à l’arrivée de l’étranger et commença à miauler. Il se leva et hérissa ses poils du dos.

« On dirait que votre chat ne m’aime pas beaucoup.

-Ce n’est pas le mien. Il est entré par hasard. Le froid sans doute. »

Un peu comme vous, pensa-t-elle.

Mais le chat se mit à souffler et descendit brusquement du fauteuil pour disparaitre dans une autre pièce.

« Il n’aime pas les visites tardives on dirait. Je ne me suis pas présenté : Hugo, je suis berger comme vous l’avez constaté.

- Moi c’est Noémie. Je viens de Bordeaux pour passer quelques jours au calme.

- Vous avez bien choisi votre endroit. Ne croyez pas que l’on trouve des cadavres tous les jours par ici.

- Comme vous l’avez si bien dit tout à l’heure, je ne suis pas là par hasard. J’étais déjà venue il y a très longtemps. Cette maison appartient à l’un de mes amis. Mais lui-même ne vient jamais alors je doute que vous le connaissiez. Il l’a achetée il y a peu de temps. Il travaille dans l’immobilier et achète des maisons pour les louer. La plupart du temps, il n’y va pas, même pour les voir. Quant au mort, je ne le connaissais pas. Et j’en ai vu…. d’autres… enfin…je crois que je vais m’en remettre… « 

Elle espérait que son mensonge allait passer. Simon n’insista pas sur le sujet à son grand soulagement. Elle ne voulait pas s’embourber dans des explications qui finiraient par ne plus avoir ni queue ni tête. Elle aurait été obligée d’inventer un nom d’ami et ça…

Noémie lui servit une tasse de café et s’en servit une à son tour, tout en sachant qu’elle ne fermerait pas l’œil de la nuit. Ils discutèrent très tard dans la nuit. Ils parlèrent de la pluie et du beau temps, il lui raconta quelques anecdotes sur le  village et vers minuit et demie, après plusieurs tasses englouties, il songea à rentrer chez lui. Il devait se lever tôt pour s’occuper de ses brebis. Noémie le raccompagna sur le palier et le vit s’éloigner dans le froid. Elle crut le voir disparaître au bout de la rue mais se dit que la fatigue devait lui donner des hallucinations.

Avant de rentrer, elle regarda le ciel. La lune était dégagée et pleine. Mauvais présage que la pleine-lune pensa-t-elle. Mais rien ne se passa cette nuit-là. Contrairement à ce qu’elle croyait, elle dormit profondément jusqu’au matin. Elle entendit la cloche sonner huit heures. Elle se leva.

-Seyverine
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